Le cinéphile tranquille | La revancha del tango. Débat Hollande-Sarkozy (mai 2012) - Le cinéphile tranquille
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La revancha del tango.
Débat Hollande-Sarkozy (mai 2012)

 

Et bien voilà, l’élection des chefs des pioupious de France touche à sa fin. Avec comme à chaque fois un duel télévisé comme climax, comme pugilat symbolique de ces deux Frances -puisque les résultats sont toujours proche du 50/50- qui jouent à se combattre et à se détester. Et ce depuis 200ans déjà et pour les siècles et les siècles.

Je ne voulais pas regarder ce débat. Étant par nature, allergique aux mensonges éhontés, aux arguments de mauvaise fois, à la dialectique bête et méchante, j’avais du mal avec un de nos candidats qui se trouvent être un champion dans ce domaine. L’idée d’être énervé pendant 2 heures ne m’enchantait donc pas outre mesure Et il y avait en plus Libera Me à la cinémathèque.
Mais voilà, j’ai fini par regarder ce débat -si on peut dire- d’un œil.
Et que vois je au bout de 10, 15 minutes ? La même chose que j’avais dis ici sur le débat de mai 2007.
Et oui dans la difficulté monsieur Sarkozy ne regarde plus son adversaire et va chercher l’adhésion à ses propos dans le regard des journalistes. Qui obligés de rester neutres sont bien obligés d’acquiescer. Ce qui rassure ainsi monsieur Sarkozy.

N’ayant eu pendant 5 ans aucune contradiction importante face à lui (conseillers, journalistes etc) il ne fallu pas beaucoup de temps pour que monsieur Sarkozy soit accolé à chercher un peu de réconfort. Lui qui est un grand sensible.

Mais là, tiens bizarre, il y a eu des commentateurs pour le remarquer. Est ce du au Liveblogging que l’on trouve sur les sites type Libé ou Lemonde qui favorise les commentaires de lecteurs/spectateurs/citoyens/électeurs je ne sais. Mais cette année, à moins d’être fait du même bois que Nadine Morano, il y avait aucune raison de ne pas en faire l’écho.

Comme quoi, que vous soyez favori ou challenger, les regards des commentateurs autorisés n’est pas le même.

En aucun cas, mon commentaire n’est une marque d’autosatisfaction, car nous avions été nombreux à le remarquer à l’époque. Je me gausse juste de l’analyse girouette qui se colore de la couleur du vainqueur. Histoire d’être dans le sens du vent.

Un petit mot sinon, sur l’événement de cette soirée qu’est l’anaphore (« moi Président… ») de Hollande. J’ai lu des commentaires avec lesquels je me suis reconnu. La présidence imaginée par Hollande étant l’exact opposée de celle Sarkozy, certains ont trouvé un plaisir par procuration à cette énumération longue devant l’intéressé. Comme une revanche, comme l’occasion unique que quelqu’un lui dise ce que beaucoup ont pensé de sa conception de chef de l’Etat.
Oui, je jubilais. Ces mots il fallait que Sarkozy les entende.

Règle stricte du débat télévisuel, il n’y a pas eu de contre-champs[1] sur l’intéressé et sur les coups qu’il se prenait.
A chaque nouvelle envolée de « Moi, président de la république » je rêvais de voir Sarkozy, de voir sa réaction. Qui ne venait pas, qui était reléguée Hors-Champs.
Il y avait comme une frustration de ne pas le voir, comme si cela empêchait de profiter du moment, comme si nous ne voyions pas les coups arriver dans sa figure.
Alors ces images il fallu les imaginer, se les construire dans sa tête. En sachant que le contre-champs ne viendrait jamais. Même pas pour le dernier coup, pour un éventuel KO.
A cet instant, j’ai vécu un grand moment de cinéma. Comme la télévision en offre jamais. C’était en fait encore plus que cela. Dans un film, pour une situation identique, un réalisateur oserait difficilement faire la même chose. Le spectateur attendant une réaction, le contre-champs serait frustré. Au delà d’une dose de frustration tout le dispositif serait visible et casserait par de là même ce qu’il essayait de construire.

Alors merci la télé pour un des plus grand moments cinématographiques de l’année et peut être même de la décennie.

Notes

[1] Certains d’appeler le plan sur Sarkozy, un plan de coupe. Terme en usage dans le journalisme audiovisuel quand un plan sert à permettre un point de montage (à couper) pour favoriser la fluidité du propose d’un intervenant. Pour que le plan principal ne soit pas trop long par exemple.
Terme révélateur si l’en est de la conception d’un plan : utile par ontologie.

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